
Ramuntcho est un roman de Pierre Loti publié pour la première fois en 1897Résumé : Raymond, ou, comme on dit en basque, Ramuntcho, est âgé de dix-huit ans. Il vit avec sa mère, Franchita, qui s'est séparée de son époux, appartenant à une sphère plus évoluée, plus sceptique aussi, de la société. Le jeune homme n'a que deux activités: la pelote basque et la contrebande. Toutes deux l'entraînent à une errance continuelle, tantôt brillante et presque glorieuse, tantôt sombre et entourée de périls. Ramuntcho est pourtant simple, naïf, et, malgré l'empreinte de son père, à peu près fidèle à la foi de son enfance. Il est surtout amoureux de Gracieuse. Les deux jeunes gens se retrouvent pour danser le fandango et pour parler le soir, assis sur un banc. Si Arrochkoa, le frère de Gracieuse, aime Ramuntcho et favorise, autant qu'il le peut, cette union, la dure Dolorès, leur mère, méprisant la pauvreté de Franchita et de son fils, semble décidée à ne jamais permettre le mariage des deux jeunes gens. Roman d'amour et d'aventure situé dans le milieu des contrebandiers basques, il a pour titre le nom de son personnage principal, le jeune et beau héros Ramuntcho. En dépit du caractère folklorique de sa description des moeurs régionales, dans un cadre inspiré à l'auteur par la découverte de sa terre d'adoption (Loti loua à Sare une maison à partir de 1893 et mourut à Hendaye en 1923), ce livre est devenu un ouvrage emblématique du Pays basque...Extrait : On la sentait proche et angoissante, cette saison des nuages et des longues pluies, qui revient chaque fois avec son même air d'amener l'épuisement définitif des sèves et l'irrémédiable mort, - mais qui passe comme toutes choses et qu'on oublie, au suivant renouveau. Partout, dans la mouillure des feuilles jonchant la terre, dans la mouillure des herbes longues et couchées, il y avait des tristesses de fin, de muettes résignations aux décompositions fécondes. Mais l'automne, lorsqu'il vient finir les plantes, n'apporte qu'une sorte d'avertissement lointain à l'homme un peu plus durable, qui résiste, lui, à plusieurs hivers et se laisse plusieurs fois leurrer au charme des printemps. L'homme, par les soirs pluvieux d'octobre et de novembre, éprouve surtout l'instinctif désir de s'abriter au gîte, d'aller se réchauffer devant l'âtre, sous le toit que tant de millénaires amoncelés lui ont progressivement appris à construire. - Et Ramuntcho sentait s'éveiller au fond de soi-même les vieilles aspirations ancestrales vers le foyer basque des campagnes, le foyer isolé, sans contact avec les foyers voisins ; il se hâtait davantage vers le primitif logis, où l'attendait sa mère. Çà et là, on les apercevait au loin, indécises dans le crépuscule, les maisonnettes basques, très distantes les unes des autres, points blancs ou grisâtres, tantôt au fond de quelque gorge enténébrée, tantôt sur quelque contrefort des montagnes aux sommets perdus dans le ciel obscur ; presque négligeables...Biographie : Pierre Loti (1850-1923) est un écrivain et officier de marine français. Pierre Loti, dont une grande partie de l'oeuvre est d'inspiration autobiographique, s'est nourri de ses voyages pour écrire ses romans, par exemple à Tahiti pour Le Mariage de Loti (Rarahu) (1882), au Sénégal pour Le Roman d'un spahi (1881) ou au Japon pour Madame Chrysanthème (1887). Il a gardé toute sa vie une attirance très forte pour la Turquie, où le fascinait la place de la sensualité : il l'illustre notamment dans Aziyadé (1879), et sa suite Fantôme d'Orient (1892). Pierre Loti a également exploité l'exotisme régional dans certaines de ses oeuvres les plus connues, comme celui de la Bretagne dans le roman Mon frère Yves (1883) ou Pêcheur d'Islande (1886), et du Pays basque dans Ramuntcho (1897). Membre de l'Académie française, il est enterré à Saint-Pierre-d'Oléron sur l'île d'Oléron dans le jardin d'une maison...
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